Débuts en fanfare - Bien qu’il ait débuté et brillé en moto, Tazio Nuvolari était un artiste sur quatre roues. En 1932, il remporte le Grand Prix de Monaco sur une Alfa Romeo 8C 2300cc (version Monza). Le rêve de tout pilote. À ce moment, il n’œuvre pas encore pour la Scuderia Ferrari, qui engageait elle aussi des Alfa Romeo, mais bien pour Alfa Corse. Une participation, une victoire - En 1933, Tazio Nuvolari quitte Alfa Romeo, alors en perte de vitesse, pour rejoindre Maserati. Il s’impose au Grand Prix de Tunis. On l’observe ici dans les paddocks. 1933 sera également la seule année de sa participation aux 24 Heures du Mans, avec Alfa Romeo. Et il s’imposa, avec le Français Raymond Sommer. Deux pilotes seulement pour une course de 24 heures : une autre époque… Pour Nuvolari, une seule et unique participation aux 24 Heures du Mans couronnée d’une victoire : difficile de faire mieux. Admiré par Enzo Ferrari - Tazio Nuvolari a réinventé le pilotage de l’époque, tout en glisse. Il mettait toujours le pied dedans, le museau de la voiture à la corde, contrôlée tout au long du virage dans une impeccable dérive pour se retrouver naturellement en ligne dès la sortie. Un classique aujourd’hui – du moins, en rallye – mais à l’époque, l’Italien en était le grand maestro. De quoi subjuguer un certain Enzo Ferrari. Ce dernier, aux commandes de la Scuderia, convainc Nuvolari de revenir chez Alfa Romeo pour le Championnat d’Europe en 1935. Dès le premier Grand Prix de la saison, c’est la combinaison gagnante au volant de l’Alfa P3 : il s’impose dans les rues de Pau, en France. Léger contretemps - 28 juillet 1935, Grand Prix d’Allemagne : ce jour-là, au Nürburgring, Nuvolari perd 2 minutes et 14 secondes lors du ravitaillement, soit une éternité. En cause ? La casse de la pompe à essence. Les mécaniciens de la Scuderia Ferrari devaient alors remplir le réservoir manuellement. Pour l’anecdote, jusqu’en 2009, des incidents ont eu lieu dans les pitlane de F1 dû au carburant. Depuis 2010, les ravitaillements en essence sont bannis de la discipline-reine. Rien n’est impossible pour Nuvolari - Retour au Grand Prix d’Allemagne, le 28 juillet 1935. Après avoir perdu beaucoup de temps lors de son ravitaillement, le « campionissimo » repart en 6e position. Mais il va faire une remontée fantastique jusqu'à la 2e place. La puissance des allemandes est phénoménale (375ch pour les Mercedes W125 et Auto Union Type B contre 265ch pour son Alfa Romeo P3), mais les pneus souffrent. Von Brauchitsch, alors leader, finit par réduire le rythme avec des pneus et freins en piteux état, devant laisser la place à Nuvolari, qui triomphe devant une foule médusée sur un circuit bariolé de croix gammées… Le plus grand d’hier, d’aujourd’hui et de demain » - En 1938, Tazio Nuvolari est appelé par Ferdinand Porsche – un admirateur, tout comme l’était Enzo Ferrari – pour remplacer le talentueux Bernd Rosemeyer, décédé lors d’une tentative de record de vitesse, chez Auto Union. C’est Nuvolari qui remporta la dernière victoire d’avant-guerre, ici, au Grand Prix de Belgrade 1939. Ferdinand Porsche dira de lui qu’il était « Le plus grand coureur d’hier, d’aujourd’hui et de demain. » Achille Varzi, autre star italienne du pilotage de l’époque, ne manquera pas d’ajouter : « En plus d’être mon plus grand rival, il était le meilleur coureur de tous les temps. Il n’était pas un maître mais un artiste du volant. Un maître peut enseigner, l'art ne s'enseigne pas… »

22/04/2020 - Portraits

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