15/01/2021 - Portraits

TEXTE : serge vanmaerck - Photos : julien mahiels

foot, family... and his BMW

Roberto Martinez

Il se dit très peu matérialiste. A 46 ans le Sélectionneur des Diables Rouges nourrit chaque instant de sa vie de deux passions : le football et sa famille. Seules une bonne table et la conduite de sa BMW parviennent à s’accaparer le peu de temps libre que ces passions lui laissent.

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« ...la marque automobile BMW apprécie notre manière de travailler comme nous apprécions la leur. Après une cabriolet et un modèle avec un moteur de série, j’en suis à ma troisième BMW Série 8 : une BMW M8 Competition Coupé. Et je prends un plaisir immense à en prendre le volant. »

Covid-19 oblige, c’est via vidéoconférence entre la Belgique et Wigan en Angleterre que nous avons conversé pendant une petite heure avec celui qui a vu prolonger cet été, son contrat de Coach principal et Directeur technique de l’équipe nationale de football belge. Comme ce contrat court jusqu’en 2022, c’est donc sous son commandement que les Diables Rouges participeront aux prochains Euro et Coupe du Monde de football. Martinez a passé la partie du lock-down pendant laquelle les écoles étaient fermées, dans sa résidence secondaire à Wigan. L’homme est marié à une Britannique dont les parents – plus vulnérables que les siens, dit-il – vivent dans les environs de Manchester.

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« Robert » Martinez est un Espagnol catalan. Il est né en 1973 dans la petite ville de Balaguer, au sein d’une famille qui gérait un magasin de chaussures dont le père était un passionné de football. Et c’est là qu’est née sa passion propre à lui aussi. « Mes premiers souvenirs de football renvoient à des photos qu’on a prises de moi à l’âge de 2 ans à peine, quand j’accompagnais mon père aux matches qu’il jouait les week-ends. J’ai joué à Balaguer jusqu’à mes 16 ans, avant de passer professionnel à Saragosse. Avec mon père, j’ai toujours partagé le plaisir du jeu. Mais moi en plus, j’aimais aller voir d’autres matches et j’aimais les analyser. Mon père a été mon premier héro, tant au football que dans la vie. Tout ce qu’il faisait était à propos. Chez les footballeurs, j’ai surtout admiré Johan Cruyff, Bernd Schuster ou Lobo (Carlos Diarte). J’ai ensuite pris exemple sur John Benjamin Toshak, Arrigo Sacchi, Paco Maturana et surtout Johan Cruyff pour exercer mon métier de coach. Jordi, le fils de ce dernier, est toujours un de mes meilleurs amis à ce jour. Un véritable gentleman. » Il peut paraître étonnant que la famille et une passion pour un sport suffisent à nourrir l’existence d’un jeune homme puis d’un père de famille comme Martinez. Ses origines semblent constituer la clé de sa manière à la fois dense et minimaliste d’envisager l’existence.

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BMW M8 Competition Coupé WLTP : 11,0-11,1 l/100 km * 252-253 g/km CO2

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« Le football et ma famille sont vraiment mes deux passions dans la vie. Je ne lis pas de livres mais je les écoute en version audio dans la voiture pour gagner du temps. J’ai même rarement le temps de regarder le football pour le plaisir : tout est axé sur mon travail. Et en dehors de ça, rien ne vaut le temps passé avec mes enfants et avec ma femme. La simplicité d’être ensemble, de profiter d’un sourire, me procure le plus grand bonheur. J’aime aussi beaucoup m’attabler dans un bon restaurant avec ma famille. Et la Belgique est un pays idéal pour s’adonner à ce petit plaisir. Le juste équilibre entre ma famille et mon travail est toujours difficile, mais je m’y applique. A ce niveau, le temps que nous passons ensemble pendant cette crise sanitaire, est un moment privilégié pour moi, sur le plan familial. »

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Notre rôle en tant qu’êtres humains est désormais de nous entraider, de trouver des bases communes entre citoyens et de nous améliorer tous ensemble. Je pense bien plus à tout cela qu’aux restrictions qui nous ont été imposées. »

Du club à l’équipe nationale

Du club à l’équipe nationale Après sa carrière de footballeur, essentiellement comme milieu de terrain en défense, Martinez devient entraîneur outre-Manche en 2007 : d’abord chez Swansea au Pays de Galles, puis chez Wigan et enfin chez Everton. En 2016, il succède à Marc Wilmots à la tête de l’équipe nationale de football belge. En quoi coacher un club et une équipe nationale est-il différent pour Martinez ? « La durée du contact avec les joueurs est ce qui différencie le plus le coaching d’un club par rapport à celui d’une équipe nationale. Dans un club on peut partager des émotions de joie ou de déception avant de préparer dans la foulée, le match suivant. Ceci vous permet de vous améliorer et de vous rapprocher les uns des autres. Dans un contexte international, il n’y a pas de marge d’erreur possible. Les préparatifs se font longtemps à l’avance, il faut être proactif et il faut accepter de ne pas pouvoir partager longtemps les émotions avec les joueurs. Sauf lors d’un tournoi comme la Coupe du Monde par exemple où on est ensemble pendant beaucoup plus longtemps. Les méthodes de travail sont très différentes dans un club ou dans une équipe nationale. »

Étant lui-même considéré comme une star en raison des succès de ses Diables Rouges, il n’en dirige pas moins des joueurs qui à titre individuel, sont eux-mêmes des stars à part entière. Comment Martinez parvient-il à gérer les égos du véritable vivier de gros calibres que représente l’équipe de ces Diables Rouges ? « Nous sommes toujours mus par un but commun : que ce soit la victoire dans un match ou la préparation d’un grand tournoi. Mon objectif est de transmettre une conviction personnelle selon laquelle nous sommes plus forts et nous pouvons grimper plus haut, quand nous faisons le nécessaire pour, tous ensemble et les uns pour les autres. C’est cela qui caractérise nos relations au sein de l’équipe. Cela génère un comportement positif très spécifique, qui est vraiment propre aux Diables Rouges. »

Sport et business

Physiothérapeute, professeur d’éducation physique et détenteur d’un diplôme de Business Management de la Manchester Metropolitan University, Roberto Martinez utilise tous les atouts de ces formations pour exercer son métier de sélectionneur. « Le travail de coach est largement basé sur l’information et toutes mes formations m’ont aidé à prendre des décisions pour l’équipe et à titre individuel. Plus vous disposez d’informations, plus votre base de travail sera large pour prendre les bonnes décisions. J’ai toujours été fasciné par le fonctionnement du corps humain. En tant que physiothérapeute je peux ainsi prendre des décision quant à l’adaptation du corps à des niveaux requis pour l’élite sportive. Pour être un bon coach il faut aussi être conscient de l’aspect business. J’ai donc toujours voulu apprendre le plus possible sur les différents aspects du coaching sportif. »

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nous devons éduquer et aider nos jeunes joueurs à composer avec les nouveaux aspects business dans le secteur. Ce qui n’est pas la moindre de nos responsabilités. Avec le travail on arrive à bout de tout mais il faut pouvoir faire face à l’adversité et à l’imprévu. En football comme dans la vie, d’ailleurs. Il suffit de se référer aux changements sociétaux dus à la crise du coronavirus qui a également ses répercussions sur le monde du football.

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Il est vrai que le football moderne ne se contente plus d’être un sport populaire pour les joueurs, l’encadrement et les sponsors. « Les sports et le football en particulier recouvrent un aspect business toujours plus déterminant. Les développements technologiques permettant de répondre aux souhaits télévisuels des supporters, nous procurent un pouvoir financier important. Dans ce contexte, le footballeur professionnel devient une figure inspiratrice à travers le monde et à travers les couches sociales. Ce qui attire les sponsors qui veulent faire partie du jeu. Au sein de la Fédération, c’est toujours un plaisir de collaborer avec un sponsor qui partage nos valeurs. Ainsi la marque automobile BMW apprécie notre manière de travailler comme nous apprécions la leur. Après une cabriolet et un modèle avec un moteur de série, j’en suis à ma troisième BMW Série 8 : une BMW M8 Competition Coupé. Et je prends un plaisir immense à en prendre le volant. Mais nous devons éduquer et aider nos jeunes joueurs à composer avec les nouveaux aspects business dans le secteur. Ce qui n’est pas la moindre de nos responsabilités. Avec le travail on arrive à bout de tout mais il faut pouvoir faire face à l’adversité et à l’imprévu. En football comme dans la vie, d’ailleurs. Il suffit de se référer aux changements sociétaux dus à la crise du coronavirus qui a également ses répercussions sur le monde du football. Pendant la période de lock-down, je n’ai pas trop pensé aux limitations et privations de liberté que cela entraînait. Il était de notre responsabilité sociale de nous y plier. Il fallait arrêter la propagation du virus et il fallait tout faire pour y arriver. Le prix à payer a été de limiter notre espace de vie et nos contacts, mais cela a aussi pu nous rendre meilleurs pour réfléchir davantage à notre manière de vivre, à notre avenir, et surtout aux changements indispensables à instaurer après la pandémie.

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Je crois que nous devrons trouver une nouvelle normalité dans notre vie. Je suis de ceux qui pensent que les choses ne retourneront plus à la normale d’avant, tout au moins jusqu’au moment où on aura trouvé un vaccin et un remède contre ce virus. Notre rôle en tant qu’êtres humains est désormais de nous entraider, de trouver des bases communes entre citoyens et de nous améliorer tous ensemble. Je pense bien plus à tout cela qu’aux restrictions qui nous ont été imposées. »

Gradins dépeuplés

Et que pense notre sélectionneur national des rencontres de foot envisagées avec des gradins vides ? « Les footballeurs savent ce que c’est de jouer sans public. C’est ce qu’ils ont pratiquement tous fait quand ils avaient entre 16 et 20 ans, alors qu’ils avaient déjà atteint un bon niveau. Ce ne sera pas pareil de jouer un match sans stade comble autour de soi, mais le jeu doit se poursuivre. On ne peut pas arrêter la compétition car ce serait catastrophique pour la condition physique des joueurs. Ce sera surtout pénible pour les supporters, mais les solutions numériques seront là pour se rapprocher le plus possible de l’expérience vécue dans le stade. »

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